Angélique SIMONNET
Depuis l’âge de 6 ans qu’elle en rêve ! Après avoir obtenu un BEP Métiers de la Mode, puis un bac pro Artisanat et Métiers d’Arts et enfin d’un BTS Styliste/Modéliste,
elle est partie à Paris pour commencer sa futur carrière professionnelle.
Elle a présenté ses dernières créations sur la scène métissé de Lez’arts en fête où de nombreux curieux sont venus l’applaudir ! Je l’ai rencontré pour
qu’elle nous partage ses impressions, son histoire et sa vision plutôt particulière de son milieu et de son travail ...
La ligne présenté était-ce votre première ?
Tutoies-moi ! Te gènes pas ! tu sais j’ai 24 ans, je suis pas beaucoup plus vieille que toi !
Bon alors ... la ligne que vous .. enfin tu as présenté tout à l’heure, était-elle ta première ?
En fait, ce n’est pas vraiment la première parce que j’ai déjà fait un défilé au mois de janvier lors d’un festival du même esprit. Mais cette ligne là est
vraiment plus peaufinée, réfléchie et professionnelle.
As-tu donné un nom à ta ligne ?
Non mais en fait il y en a plusieurs : j’ai une collection femme, une enfant, une mixte et une engagée. La plus développé est la collection femme parce
que c’est vraiment ce que je maîtrise. Après j’essaie de développer le reste.
Qu’entends-tu dire par « collection engagée » ?
La collection engagée est percutante, avec des messages ; d’où les panneaux pendant le défilé. Comme « Agir pour la planète », « Créons
notre futur », des sujets qui amènent à la réflexion ... Je ne veux pas donner de leçons de moral, ce n’est pas du tout ça ! Je voudrais
juste que les gens prennent conscience des choses. Je suis quelqu’un de plutôt dans l’ombre mais j’aime m’exprimer et dire les choses donc
j’utilise ce moyen là.
Alors tu fais partie de ceux qui perçoivent les vêtements comme un moyen d’expression ?
Oui. Je ne travaille pas du tout en fonction des tendances. Je suis en décalage avec la mode
actuelle car moi c’est vraiment ce qui sort de ma tête, ce que j’aimerais porter, pour faire passer un message. Du coup ça plaît pas forcément
puisque c’est de moi seule que ça vient mais je pense que ceux qui ont une ouverture d’esprit « autre » peuvent être intéressé.
J’ai remarqué que la couleur noir revenait souvent. Est-ce une coïncidence ou y’a t-il une signification particulière à ce
choix ?
Non, simplement je suis très noir, très fushia, très rouge et très orange ! Ce sont mes couleurs et elles dominent évidemment. Mes vêtements sont le
miroir de mes goûts et ça se ressent au final. Aussi parce que c’est ce que j’aimerais porter !
Pour ce qui est de la réalisation du défilé et de la mise en scène, ça vient aussi de toi ?
J’ai eu des idées, on les a confronté avec celles des mannequins. Ca été un vrai travail d’équipe. Chacun d’entre eux a apporté sa touche personnelle. Moi
j’ai voulu certaines choses, tout ne s’est pas fait non plus, soit parce que ça ne plaisait pas, soit pas manque de matière ou de temps ... Cela dit je suis très satisfaite de ce qui a été
fait ! Tout le monde a réussi à s’est mis dans l’esprit, vraiment je suis très contente !
Avant d’en arriver là tu as travaillé pour des magasins et de grands couturiers. Pourrais-tu nous faire part de cette expérience ?
J’ai été styliste dans un domaine très différent : Pimkie, Camaïeu ... commerciale à fond alors que c’est pas du tout mon genre. Tu vois ce je fais, je
suis dans l’alternative. Je le fais par rapport à mes convictions : je pense comme ça donc j’ai envie de réagir ainsi. Sinon encore avant, j’ai travaillé en tant que piqueuse à la machine et
plein d’autres petits boulot aussi parce que c’est super difficile. Dans ce milieu, si t’as pas de contact tu ne peux quasiment pas avancer !
Maintenant que tu est autonome, tu organises des ventes ? Tu as ton site Internet ?
Déjà je peux vendre ici [nb : elle parle de son stand sur le festival]. Mais je n’ai pas non plus un stock énorme parce que je me lance. Autrement, je suis en création d’un site. Il aurait dû être prêt mais suite à des problèmes je ne
peux pas encore divulguer l’adresse.
As-tu pensé à déposer ta propre marque ?
Oui, c’est quelque chose que je souhaite faire pour montrer que je fais mon truc bien à moi, que je vais y arriver. Pas pour être au top, c’est pas pour être
connue mais seulement faire ce que j’aime. Du coup j’avais commencé les démarches mais j’ai eu des soucis, ma marque a été prise ... donc je recommence à zéro ! Bien motivée et j’espère
réussir ce coup-ci !
La tribu Balanda
Tout droit venu de l’est de la France, ce jeune groupe de Colmariens [nb : de
Colmar]
et leur accent si particulier sont venu rejoindre l’esprit festif de Lez’arts en fête pour nous faire partager leur « world music ». J’en
ai profité pour leur poser quelques questions …
Vous jouez ce que vous appelez une « musique du monde », comment définissez vous ces termes ?
Déjà, on a chacun un instrument qui vient de continents différents : Grégory et son didgeridoo d’Autralie [nb : instrument très utilisé par les aborigènes du nord de l’Autralie ;-) ] ; Joël et la
« percu » d’Afrique, du Maghreb et d’Amérique du sud ; et moi [Sergio], le côté
européen avec sa guitare et sa flûte traversière à la fois d’occident et orientale par rapport au jeu. Ensuite on fait notre propre musique sans chercher à se référer à un continent. On marie ces
trois instruments.
Vous avez fait des voyages pour vous inspirer ?
Oui, on a tous voyagé mais c’est pas spécialement notre inspiration. On n’a pas essayé de copier quelque chose ou un thème particulier. On a fait
notre propre musique, qui nous correspond ici. Parce que le « jeune », il joue d’un instrument australien mais il n’empêche qu’il garde un jeu européen malgré tout ce qu’on peut en
dire. On a jeu occidentale avec des instruments étrangers, d’où « world music ». L’important dans notre musique c’est aussi l’autocréation, il n’y a pas de partitions, c’est au
« feeling ». Si l’un de nous a un rythme, il part, les autres se collent dessus et voilà !
Et cette autocréation d’où vous vient-elle d’après vous ?
Ca a rapport avec nos instruments respectifs. Moi je sais que je suis hétéroclite : je peux écouter de la chanson à texte, du rock’n’roll …
J’écoute aussi de la percu mais je ne reproduis pas ce que j’écoute. De plus on est tous un peu autodidacte ce qui nous donne la qualité de pouvoir créer très facilement.
Vous avez été invité par les organisateurs du festival. Comment avez-vous reçu cette
invitation ?
Ca remonte au festival Le rêve de l’Aborigène [nb : Airvault] où Pierro [l’un des deux principaux organisateurs] nous a présenté son projet et demandé si on était d’accord pour participer et jouer sur la scène métissée. Bien sûr on a accepté, surtout que pour défendre
l’éthnique on est toujours présent !
Quant au festival, vous avez eu le temps d’y faire un tour ? Comment le trouvez-vous ?
Surprenant ! Quand on est arrivé ce matin on s’attendait pas à ce que ce soit aussi grand et complet, aussi bien organisé ni à un tel
accueil ! Non, vraiment ! Et le staff technique excellent : rein à dire !
Et le public ?
Ah super ! Ils en demandaient ! Plus il y a de retour et plus on a envie de donner. Et puis on a quand même une musique de voyages, envoûtante
…C’est dommage qu’on nous ait pas laissé jouer plus longtemps … Nous on pouvais encore
jouer deux heures !
Vous comptez revenir dans la région ?
Oui, bientôt on sera au festival de didgeridoo français le 6 octobre dans les mines de Douée. N’hésitez pas à venir ! [nb : Festival «Rencontres et les échanges des joueurs de didgeridoo
français" aux Mines de Fer du Bois II (près d'Angers). le
vendredi 5 seront présentes les associations et le samedi 5 les groupes libres exclusivement français, dont la tribu Balanda.]
+ sur le groupe >> http://latribubalanda.blogspot.com
Le Kyma

Kyma, un groupe d’origine de Tours. Depuis leur 1er album en 2000 ils ont su créer le propre style musical, loin de l’industrie commercial, des sujets
culturels et dénonciateurs, des rythmes marqués, … Ils n’ont pas leurs langues dans leur poche et son loin d’être fainéants ! Après la sortie de le 4ème et nouvel album (autoproduit et autodistribuer s’il vous plaît !) « Le Mauvais
Kromozom », les voici partis pour une tournée qui commençait chez nous ! De quoi partir de bons pieds.
Vous définissez votre musique de « politik electro rap », pouvez-vous l’expliquer ?
Simplement on parle de politique pour les thèmes qui sont politisés, d’électro pour le son et de rap pour le chant.
Vous avez des chansons à textes, quels sont les principaux messages que vous souhaitez faire passer à travers votre
musique ?
On n’a pas vraiment de messages principaux. Tu vois, sur cet album [cf le Mauvais
Kromozom] on parle de la Palestine, du droit de vote, de la culture … On tourne pas mal sur l’actu et on est encrée dans le social.
Après, il y a plein de
thèmes, trop malheuresement …
J’ai écouté vos chansons et je vous ai trouvé plutôt « noirs », vous parlez d’un vécu ou est-ce votre vision actuelle de la
société ?
Je pense que la vie n’est pas rose. Alors, on nous dit souvent qu’on est pessimistes. Dans la musique sûrement, mais à l’extérieur non. Je
pense aussi que ce coté obscure on l’a à côté de ce que qu’on peut entendre sur d’autres scènes. Nous ce qu’on veut c’est pas être noirs, c’est juste être réalistes. On parle justement de cette
réalité sociale ou de guerres mais on voit plutôt ça comme de l’information. Si elle est tragique ce n’est pas à cause de nous. On est juste un
relais.
Combien de temps en moyenne consacrez-vous à la musique chaque
semaine ?
Ca dépend des périodes. Sachant qu’on a tous un boulot à côté. On n’est pas des intermittents, et on veut pas l’être. La musique nous prend tous nos
temps libres. Après pendant qu’on faisait l’album on devait être à 30h par semaine. Les deux derniers mois on a aussi énormément répété pour être prêts ce soir.
J’ai appris que vous distribuiez vos albums gratuitement dans les lieux où vous passez. Comment faites-vous pour assurer
financièrement ?
En fait c’est grâce aux concerts. On fait des séries de concerts, justement là on commence ce soir une tournée qui durera jusque mi-janvier.
Après c’est aussi parce qu’on autoproduit [nb : par gravure] nos « skeud », ce
qui rend le coût moins chère et la diffusion est facilité. Il n’y a plus d’intermédiaires, juste nous et le public. Le message passe plus vite.
Vous offrez aussi votre musique sur le Web ?
Non, il y a bien des gens qui nous mettent parfois sur des sites mais pour nous le
« délire » c’est pas de diffuser la musique pour que les gens l’ait au bout d’un clic comme ça se fait depuis quelques années. Nous
c’est pas virtuel, c’est un « skeud » physique. Il est gratuit, on aime bien que les gens fassent la démarche de venir le chercher plutôt que télécharger le son.
Autre chose, quel est votre avis sur le rap d’aujourd’hui, celui que diffuse les
radios ?
Comme partout il y a du bon et du moins bon. Après c’est difficile de parler de tout un mouvement. Des radios
comme Skyrock « balance » du bon. Chacun peut dire ce qu’il veut y’a de bonnes choses, même si ça reste une radio commerciale. Faut pas non
plus oublier qu’elle est la seule à donner du rap. Au final on n’est pas dans le combat contre cette radio.
+ sur le groupe >> www.chanmaxrecords.com
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